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Syndicats

Revue de presse #2: les articles du week-end

Entre guerres intestines et bibliothèques clandestines, voici un petit condensé des articles à ne pas louper ce soir.

Martinez: « Hollande et Valls utilisent les mêmes méthodes que Sarkozy » pour « casser les grèves ».

http://www.liberation.fr/france/2016/05/21/martinez-hollande-et-valls-utilisent-les-memes-methodes-que-sarkozy-pour-casser-les-greves_1454240

Dans les « bibliothèques clandestines » du net

http://rue89.nouvelobs.com/rue89-culture/2016/05/16/les-bibliotheques-clandestines-net-264014

Greenpeace « nettoie »les supermarchés des boîtes de thon Petit Navire

http://www.lemonde.fr/biodiversite/article/2016/05/22/greenpeace-nettoie-les-supermarches-des-boites-de-thon-petit-navire_4923993_1652692.html

Rolland-Garros 2016: ce qu’il faut savoir avant le début du tournoi

http://www.lemonde.fr/roland-garros/article/2016/05/21/roland-garros-2016-en-dix-chiffres_4923910_1616946.html

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Le flic, un acrobate comme les autres ?

Une jeune fille, à la terrasse d’un café, lit un magazine dédié aux écritures théâtrales. Un article, rédigé par un comédien et dramaturge*, attire son attention. Serais-je un acrobate ? se demande l’auteur. A côté, sur une photographie illustrant son questionnement, git contre un arbre un spiderman désabusé.

« On me demande d’être partout, de répondre, d’acquiescer, de cerner les enjeux, de poser des priorités, de hiérarchiser, de comprendre, de me donner, d’aller au-delà, de voir au-delà, d’espérer au-delà.

On demande à mon corps d’être du plastique, un film étirable et rétractable à l’envi, une membrane élastique et protéiforme.

Je n’y arrive pas. »

La jeune fille s’arrête. Sur la place, à une centaine de mètres de la terrasse, elle voit des camions de CRS se garer. Nous sommes jeudi. Si le mardi, c’est le jour des raviolis. Le jeudi, c’est celui des anti-El-Khomri.

Un leader syndicaliste chauffe la foule, encore trop peu nombreuse. Il se plaint de ne pas entendre les quelques gens amassés sur la place huer les politiques. « Ce n’est pas avec vous qu’on va refaire le monde aujourd’hui », dit-il. Un monde, ça ne se refait pas en cassant les autres. Elle soupire et reprend sa lecture.

« Je n’y arrive pas parce que je suis un minuscule territoire, borné, cerné de haies hautes et hérissées, je suis un lieu clos et limité. Je sais que je périrai, je sais que rien n’est plus définitif que le corps. Une idée peut toujours s’envoler quand la chair, elle, n’oublie rien. »

Non loin, sur un banc, bruyants, quatre marginaux s’ébrouent. Leur existence, à elle seule, semble être une manifestation de tous les instants. Il n’est pas 10h mais l’un d’eux est déjà ivre. « La violence, j’ai grandi d’dans, mon gars. Je suis bien placé pour savoir que les coups, ça part. Pas les paroles. » Quelques secondes plus tard, il aboie sur son chien et le frappe. Ils finiront par partir, revendiquer plus loin, loin des syndicalistes et des policiers, leur dégoût face à l’échec d’un système.

La jeune fille termine sa lecture.

« …Comme si nous le réinventions, ce corps, comme si nous posions, comme acte fondateur du nouveau-monde qui s’ouvre chaque seconde devant nous, ce sacrilège: congédier la puissance et retrouver le sens de nos fragilités.

Cesser de nous abîmer. »

Cette fille, c’est la fille d’un policier. Ce qu’elle lit, là, ce ne sont plus les mots d’un metteur en scène, ce sont ceux, silencieux, de son père quand il rentre de sa journée.

 

 

 

* Guillaume Poix

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