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Cachemire Apaches

et les neo-totems

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Revue de presse: les articles du week-end

Si vous n’avez pas eu le temps de vous pencher sur l’actualité cette semaine, voici quelques articles à découvrir ou relire:

Riot Porn: ces vidéos d’émeute qui fascinent

http://rue89.nouvelobs.com/rue89-culture/2016/05/15/riot-porn-videos-demeutes-fascinent-264030

Le terme est importé de l’anglais, comme le « food porn », le fait de prendre en photo ses plats avant de les manger. Voici comment le site américain «  Urban Dictionary  » le définit  :

« Formes de médias montrant des gens en train de faire une émeute, de manifester ou de faire grève, et regardées comme un divertissement. Ces images incluent souvent un usage excessif de la force et des brutalités de la part de la police.

Exemple  : “Je voulais me coucher tôt mais je suis resté jusqu’à trois heures du matin à mater du riot porn sur YouTube.” »

Comment Donald Trump traite les femmes en privé (en anglais dans le texte)

http://www.nytimes.com/2016/05/15/us/politics/donald-trump-women.html?hp&action=click&pgtype=Homepage&clickSource=story-heading&module=photo-spot-region&region=top-news&WT.nav=top-news&_r=0

Affaire Baupin: « Les partis politiques sont peu à peu devenus des zones de non-droit »

http://www.lemonde.fr/idees/article/2016/05/11/le-monde-politique-francais-est-une-zone-de-non-droit_4917064_3232.html

Depardieu: « Nuit Debout ou assis sur la cuvette de chiottes, c’est pareil »

http://www.lexpress.fr/culture/depardieu-nuit-debout-ou-assis-sur-la-cuvette-de-chiottes-c-est-pareil_1792285.html

Boris Johnson: L’UE veut créer un super-état, tout comme Hitler (en anglais dans le texte)

http://www.telegraph.co.uk/news/2016/05/14/boris-johnson-the-eu-wants-a-superstate-just-as-hitler-did/

Découvrez un extrait exclusif de The Nice Guys avec Ryan Gosling

http://www.elle.fr/Cannes/News/Decouvrez-un-extrait-exclusif-de-The-Nice-Guys-avec-Ryan-Gosling-3096622

Fallen Angels: Le nouveau Dylan, crooner dans l’âme

http://www.telerama.fr/musique/fallen-angels-le-nouveau-dylan-crooner-dans-l-ame,142358.php

 

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Le flic, un acrobate comme les autres ?

Une jeune fille, à la terrasse d’un café, lit un magazine dédié aux écritures théâtrales. Un article, rédigé par un comédien et dramaturge*, attire son attention. Serais-je un acrobate ? se demande l’auteur. A côté, sur une photographie illustrant son questionnement, git contre un arbre un spiderman désabusé.

« On me demande d’être partout, de répondre, d’acquiescer, de cerner les enjeux, de poser des priorités, de hiérarchiser, de comprendre, de me donner, d’aller au-delà, de voir au-delà, d’espérer au-delà.

On demande à mon corps d’être du plastique, un film étirable et rétractable à l’envi, une membrane élastique et protéiforme.

Je n’y arrive pas. »

La jeune fille s’arrête. Sur la place, à une centaine de mètres de la terrasse, elle voit des camions de CRS se garer. Nous sommes jeudi. Si le mardi, c’est le jour des raviolis. Le jeudi, c’est celui des anti-El-Khomri.

Un leader syndicaliste chauffe la foule, encore trop peu nombreuse. Il se plaint de ne pas entendre les quelques gens amassés sur la place huer les politiques. « Ce n’est pas avec vous qu’on va refaire le monde aujourd’hui », dit-il. Un monde, ça ne se refait pas en cassant les autres. Elle soupire et reprend sa lecture.

« Je n’y arrive pas parce que je suis un minuscule territoire, borné, cerné de haies hautes et hérissées, je suis un lieu clos et limité. Je sais que je périrai, je sais que rien n’est plus définitif que le corps. Une idée peut toujours s’envoler quand la chair, elle, n’oublie rien. »

Non loin, sur un banc, bruyants, quatre marginaux s’ébrouent. Leur existence, à elle seule, semble être une manifestation de tous les instants. Il n’est pas 10h mais l’un d’eux est déjà ivre. « La violence, j’ai grandi d’dans, mon gars. Je suis bien placé pour savoir que les coups, ça part. Pas les paroles. » Quelques secondes plus tard, il aboie sur son chien et le frappe. Ils finiront par partir, revendiquer plus loin, loin des syndicalistes et des policiers, leur dégoût face à l’échec d’un système.

La jeune fille termine sa lecture.

« …Comme si nous le réinventions, ce corps, comme si nous posions, comme acte fondateur du nouveau-monde qui s’ouvre chaque seconde devant nous, ce sacrilège: congédier la puissance et retrouver le sens de nos fragilités.

Cesser de nous abîmer. »

Cette fille, c’est la fille d’un policier. Ce qu’elle lit, là, ce ne sont plus les mots d’un metteur en scène, ce sont ceux, silencieux, de son père quand il rentre de sa journée.

 

 

 

* Guillaume Poix

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